Les cinq chantiers coopératifs


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Il existe aujourd’hui peu de formations dédiées à la montée en compétences des acteurs de la coopération et peu de formations professionnelles dédiées aux métiers de la coopération. Ces métiers sont d’ailleurs peu définis et peu identifiés. Ce chantier a pour ambition de favoriser la montée en compétences des acteurs de la coopération à travers la construction de formations qualifiantes et de référentiels métiers afin d’ouvrir la voie à leur reconnaissance officielle.
Ce chantier pourra aussi porter sur l’institutionnalisation et le financement des transferts de savoir-faire, outil essentiel dans l’accompagnement des coopérations.

Eléments tirés de l’étude
Un constat : la concurrence est ancrée dans notre culture. Elle irrigue toutes les strates de la société. La coopération se pose en alternative ; et pourtant il y a un manque d'acculturation voire même une résistance à la coopération dues à plusieurs raisons : une représentation erronée de la coopération (ça prend du temps, ça coûte cher, c’est complexe et pas efficace), une difficulté à remettre en cause des schémas traditionnels de fonctionnement, des questions de pouvoir…
Les coopérations territoriales nécessitent d’être accompagnées. L’animation des coopérations territoriales est une fonction peu reconnue et mal valorisée. C’est pourtant une pièce maîtresse dans la construction d’un collectif, dans la mise en œuvre d’une gouvernance participative et dans la capacité à mener à bien les projets. Les nouveaux métiers de la coopération territoriale nécessitent d’être qualifiés et référencés ; les artisans de la coopération doivent être formés.

Quelques défis identifiés
  • Développer la montée en compétences des acteurs de la transition à la coopération
  • Elaborer un référencement des métiers de la coopération
  • Faire reconnaître la spécificité des métiers de la coopération territoriale et les valoriser
  • Elaborer des méthodes de formation alliant des connaissances et du faire ensemble (la coopération ne s’apprend pas qu’en théorie)
  • Mettre en œuvre des filières de formation reconnues et qualifiantes portées par les acteurs de l'ESS et leurs partenaires (universités, Etat, collectivités territoriales...)

Quelques pistes d’action
  • Réaliser un référentiel des métiers de la coopération territoriale en s’appuyant sur les référentiels - existants (UNADEL, MES, ANIMACOOP, CAP RURAL…) et en confrontant les animateurs et développeurs de différentes initiatives sur leurs missions et leurs compétences
  • Développer des échanges de savoirs et de pratiques entre dispositifs de coopérations territoriales : PTCE (CNA PTCE), Tiers-Lieux (France Tiers-lieux), Fabriques des Initiatives (AVISE) Fabriques des Transitions, pour qualifier les compétences/métiers des animateur·rice·s et développeur-rices de coopérations territoriales
  • Réaliser une cartographie des formations existantes sur la coopération ; y intégrer les modes de formation innovants basés sur l’expérience (Transfert de savoir-faire, …), les réseaux d’échange de savoir, la recherche-action…
  • Monter des formations qualifiantes aux métiers de la coopération territoriale portées par des structures de l’ESS ; faire le lien avec des master ESS
  • Prévoir des cursus de formation spécifiques pour les personnels des collectivités territoriales assurant une fonction dans l’animation et le développement des coopérations territoriales ; travailler avec les organismes de formation habilités (CNFPT, INET…)
  • Ouvrir la possibilité d’un travail de recherche pour les doctorants sur cette thématique notamment dans le cadre du dispositif CIFRE (Convention industrielle de formation par la recherche) ou de prestation d'accompagnement en lien avec le réseau interuniversitaire des coopératives d’étudiants (UCOOP) ;
  • Renforcer et légitimer le rôle des structures de l’ESS dans la formation aux métiers de la coopération territoriale

Les outils de financement existant sont peu adaptés aux spécificités des coopérations (cf. les appels à projet mettant en concurrence les structures de l’ESS). On commencera par recenser les dispositifs existant en différenciant le financement de l’émergence des coopérations avec le financement des phases de création et de consolidation. On étudiera les outils adaptés pour financer l’accompagnement des coopérations, et ceux qui permettent de soutenir les investissements des structures portant les coopérations, leurs besoins en fonds de roulement et leurs fonds propres. On abordera la responsabilité et le rôle des pouvoirs publics, les innovations portées par le mécénat, la place des citoyens dans le soutien financier aux coopérations. On s’intéressera particulièrement aux démarches innovantes avec notamment les coopérations entre financeurs. On intégrera les problématiques juridiques constituant des freins aux financements de la coopération.

Eléments tirés de l’étude
Un constat : les coopérations territoriales ont souvent un équilibre économique fragile. Leurs modèles socio-économiques reposent sur une hybridation des ressources. Pour la plupart d’entre elles, elles sont fortement dépendantes des financements publics et privés. Elles peinent à financer les fonctions d’animation et de développement. Les financements proposés sont souvent inaccessibles, inadaptés, indisponibles et non pérennes. La recherche de financement est chronophage et technique. Enfin de nombreuses contraintes juridiques sont un frein aux financements des projets coopératifs.
Les coopérations territoriales ont besoin de recevoir un soutien structurel, particulièrement en phase d’émergence et de création. Pour financer leurs investissements, elles ont besoin de recourir à des capitaux patients à intérêts modérés.

Quelques défis identifiés
  1. Modifier la posture des financeurs pour passer d’une relation de donneur d’ordre - soumissionnaire à une relation de partenariat
  2. Financer l’ingénierie de coopération dans les phases d’émergence et de création
  3. Intégrer dans les outils financiers (subventions, marchés publics, investissement) des clausesfavorables aux coopérations territoriales
  4. Consolider les fonds propres des coopérations territoriales
  5. Dépasser les dispositifs de financements en silos
  6. Faire évoluer les modalités de financement des coopérations (aller vers un financement patient, peu gourmand et qui prenne en compte l’évolution des coopérations)
Quelques pistes d’action
  1. Créer et développer des outils de financement au service de l’émergence des coopérations territoriales (de type fonds de confiance ou fonds d’impulsion, outil développé par Clus’Ter Jura et France Active Franche Comté)
  2. Créer des fonds permettant de soutenir des expérimentations de coopérations territoriales
  3. Développer le soutien aux réseaux généralistes ou thématiques soutenant des coopérations territoriales
  4. Financer 500 postes de développeurs de coopération territoriale en France
  5. Favoriser dans les appels à projet et les appels à manifestation d’intérêt les coopérations territoriales (par exemple, organiser des appels à projets en deux temps : un AAP sommaire pour filtrer les candidatures, suivi d’un AAP détaillé)
  6. Etendre les dispositifs de financement de transfert de savoir-faire
  7. Développer des outils permettant de financer des recherches-actions
  8. Monter des outils financiers favorisant les capitaux patients à intérêts modérés au profit des coopérations territoriales